Le baba au rhum est aujourd’hui un symbole de la pâtisserie française. Mais savez-vous que ce dessert trouve ses racines en Lorraine, précisément à Lunéville ? L’histoire mêle gourmandise royale, vin précieux et un pâtissier visionnaire. Elle mérite d’être racontée.
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Une création lorraine, selon la tradition
Selon la tradition locale, l’idée du baba naît à la cour du duc de Lorraine, Stanislas Leszczynski. Homme âgé et réputé gourmand, il cherche un moyen de ramollir une brioche devenue trop sèche. L’astuce est simple et ingénieuse : l’imbiber d’un liquide parfumé pour la rendre moelleuse et savoureuse.
Cette pratique de tremper des gâteaux existe déjà ailleurs. Mais à Lunéville, l’association d’une brioche généreuse et d’un vin sucré donne une spécialité qui va voyager. L’anecdote devient légende. Et la Lorraine revendique toujours cette naissance.
Stanislas, le Tokay et l’origine du nom
Le protagoniste principal de l’histoire est bien Stanislas. Ancien roi de Pologne, devenu duc de Lorraine, il vit longtemps à Lunéville. On lui attribue la préférence pour un vin doux, le Tokay, que l’on versait parfois dans sa brioche.
Le surnom « Ali Baba », puis raccourci en « baba », viendrait de la passion de Stanislas pour les contes orientaux. Ce détail donne au dessert une touche exotique qui plaît à l’imagination collective. Reste que cette étymologie appartient au domaine des récits populaires.
De Lunéville à Paris : Stohrer et le rhum
La transformation majeure intervient lorsque le pâtissier Nicolas Stohrer s’installe à Paris après avoir servi à la cour. Il reprend la brioche imbibée et remplace le vin de Tokay par du rhum, moins coûteux et très aromatique.
Ce changement crée le baba tel que vous le connaissez : une pâte aérée, généreusement imbibée d’un sirop au rhum. Stohrer popularise le dessert dans la capitale. La Lorraine, elle, conserve la fierté d’avoir inspiré l’idée initiale.
Recette simple du baba au rhum (pour 6 personnes)
Vous souhaitez goûter l’histoire ? Voici une recette accessible, inspirée des traditions lorraines et parisiennes. Elle respecte les proportions classiques et reste réalisable chez vous.
Ingrédients :
- 250 g de farine de blé
- 10 g de levure fraîche de boulanger ou 5 g de levure sèche
- 3 œufs entiers
- 80 g de sucre en poudre
- 80 g de beurre doux à température ambiante
- 5 g de sel
- 120 ml de lait tiède
- 200 ml d’eau
- 150 g de sucre pour le sirop
- 120 ml de rhum ambré (ou 90 ml pour une version plus douce)
- Le zeste d’une orange (facultatif)
- Crème chantilly pour servir (facultatif)
Préparation :
- Délayez la levure dans le lait tiède. Laissez reposer 5 minutes.
- Mélangez la farine, le sucre et le sel. Ajoutez les œufs puis le mélange lait-levure. Pétrissez 8 à 10 minutes jusqu’à obtenir une pâte lisse.
- Incorporez le beurre en morceaux. Pétrissez encore 5 minutes. La pâte doit se détacher des parois.
- Couvrez et laissez pousser 1 heure dans un endroit tiède. La pâte doit doubler de volume.
- Dégazez puis répartissez la pâte dans un moule à savarin ou des moules individuels. Laissez lever 30 minutes.
- Préchauffez le four à 180 °C. Enfournez 20 à 25 minutes selon la taille des moules. La surface doit être dorée.
- Pendant la cuisson, préparez le sirop : portez à ébullition l’eau et 150 g de sucre. Laissez frémir 3 minutes. Hors du feu, ajoutez le rhum et le zeste d’orange.
- Dès la sortie du four, démoulez les babas et placez-les encore chauds dans le sirop. Laissez imbiber 10 à 15 minutes en les retournant.
- Servez tiède ou froid, nappé de sirop et accompagné d’une cuillerée de crème chantilly.
Conseils pour réussir votre baba
Choisissez un rhum de qualité pour un parfum franc. Si vous préférez une version moins alcoolisée, remplacez une partie du rhum par du jus d’orange.
Ne laissez pas le baba trop longtemps dans le sirop sinon il devient détrempé. L’astuce consiste à imbiber progressivement. Et si vous voulez honorer la tradition lorraine, essayez un filet de vin doux type Tokay pour une touche d’origine.
Pourquoi ce dessert nous touche encore
Le baba au rhum est simple et généreux. Il raconte une histoire humaine : un roi qui cherche le goût et un pâtissier qui transforme une idée en chef-d’œuvre. C’est une leçon de créativité culinaire.
En dégustant un baba, vous goûtez un morceau de Lorraine et de Paris. C’est léger, parfumé et rempli d’histoire. Alors, tenterez-vous l’expérience chez vous ?


